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[CRITIQUE CINE #13] La tête haute

La descente aux enfers d’un adolescent en manque de repères, c’est le sujet du nouveau long métrage La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot. Le film a fait l’ouverture du dernier Festival de Cannes.

La Tête Haute. Un titre qui en dit long. À mi-chemin entre Polisse de Maïwenn et Mommy, La Tête Haute porte sur ses épaules le poids des comparaisons (absurdes soient-elles). La réalisatrice retrace le parcours chaotique d’un garçon prénommé Malony entre l’âge de six ans et de dix-huit ans. Il croise sur son chemin une juge pour enfants et un éducateur spécialisé, qui tentent inlassablement de sortir l’adolescent de la spirale infernale dans laquelle il s’enferme, entre violence, délinquance, et échecs à répétition. Le film ne fait pas dans la dentelle, et s’attache à livrer froidement une réalité sociale violente et effarante. Tout cela à travers le regard de Rod Paradot, jeune acteur encore méconnu du grand public. La réalisatrice le suit tout au long de son adolescence à travers des plans resserrés. Le garçon, comédien débutant, impressionne par la force et la conviction de son jeu, et l’intensité des expressions de son visage. Le film doit d’ailleurs beaucoup à son casting. Catherine Deneuve apporte sa touche classieuse à ce rôle de juge pourtant si loin des mondanités. À ses côtés, un Benoît Magimel impeccable mais au bord du gouffre dans la peau de l’éducateur qui prend en charge le jeune Malony. Seul bémol au casting, Sara Forestier. Affublée d’une grotesque prothèse dentaire, l’actrice est complètement à côté de la plaque. Elle est une caricature grotesque de la jeune mère de famille paumée.

Une peinture sociale sans concessions

La Tête Haute se veut ultra réaliste livrant au spectateur une peinture sociale crue et profondément violente. On sort de La Tête Haute usé d’avoir passé deux heures riches en émotions et grossièretés. Deux heures en compagnie de personnes n’ayant aucun but dans le vie, tournant en rond. Les faits de délinquance s’enchaînent, comme si tête baissée l’adolescent fonçait dans un mur s’enfermant dans une spirale infernale dont il ne pourra pas sortir indemne. L’autre élément très dérangeant de La Tête Haute, c’est le choix scénaristique final très discutable. La conclusion vient balayer tout ce qui a été montré précédemment, à savoir le travail admirable, vital et exemplaire des éducateurs, juges pour enfants, enseignants spécialisés, qui ne baissent jamais les bras.

Film engagé au service d’une justice des mineurs intelligente et mesurée, La Tête Haute détonne par son casting mais déçoit par son message final qui vient annuler tout ce que le film s’est difficilement appliqué à construire.

Actuellement au cinéma

Une réflexion sur “[CRITIQUE CINE #13] La tête haute

  1. tinalakiller dit :

    Grosso modo, je rejoins ton avis. Le film est bien par son réalisme sur le système judiciaire et éducatif, sa mise en scène coup de poing, ses acteurs impeccables (Forestier est effectivement en dessous, mais je pense que le problème est plus lié à son problème qui manque de consistance t d’informations que de son interprétation en elle-même) mais moi aussi cette fin m’a dérangée, le message est limite douteux…

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