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[CRITIQUE CINE #21] L’HOMME IRRATIONNEL

2015_10_19_Chroweb-MJ-lhomme-irrationnel_02L’Homme Irrationnel présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes aurait pu être un énième Woody Allen. Mais non, le réalisateur a encore une fois su se réinventer.

A 79 ans, Woody Allen n’a rien perdu de sa superbe. Avec un film réalisé chaque année, le réalisateur n’est pas à court d’idées. Dans l’Homme Irrationnel, son nouveau long métrage, il se surpasse encore une fois, livrant à ses admirateurs un film dont lui seul à le secret. L’HI est un film purement Allienen. On y retrouve tout ce qui fait le succès du new yorkais. La recette pourrait à mesure des années lasser, mais non. Il réussit encore une fois à plonger le spectateur dans une histoire toujours plus loufoque. Abe Lucas (Joaquin Phoenix), un professeur de philosophie mystérieux fait la rencontre de Jill (Emma Stone), une étudiante brillante. Va s’installer entre eux, une relation étrange et complexe. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais cette décision aura des conséquences qui les marquera à jamais.

Du rêve à la réalité

Ce qui s’apparente par la mise en scène à une comédie romantique, va tourner au drame. A la manière de Match Point, une réflexion existentielle va s’installer laissant le spectateur impuissant face à cette situation. Le héros aussi désespéré soit-il, se retrouve dans une situation dont il croit avoir le contrôle. Il se lance à corps perdu dans la quête du bonheur. Un bonheur fugace qui va vite se transformer en cauchemar. Une tension toxique va alors avoir de cesse de croître, appuyée par une BO omniprésente.

Folie passagère

Le personnalité d’Abé est à l’image du réalisateur : névrosé. Il n’est pas sans rappeler Chris, le héros tyrannique de Match Point. Ce sont des hommes fragiles qui peuvent à tout moment basculer dans la folie. Mais derrière chaque héros, se cache une femme. Il y’a une part de féminise dans le cinéma de Woody Allen. Le femme est pour lui le moyen de guérir de ses pêchés. Dans le rôle de l’étudiante naïve, éprise de son professeur, la sublime Emma Stone crève l’écran, ne laissant plus de place au doute : elle est l’incarnation du cinéma de Woody Allen. Comme ses précédentes muses, il la filme avec l’œil amoureux du réalisateur pour son actrice. Toute cette passion se ressent. Joaquin Phoenix lui est impeccable et réussit à nous faire aimer cet homme.

A la manière d’une tragédie grecque, Woody Allen réussit avec le talent qu’on lui connait, à nous emmener dans son monde. Un monde poétique au bord du tragique, où les héros sont à l’image d’une conscience tourmentée : cyniques. Entre le bien et le mal il n’y a qu’un pas.

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