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[CRITIQUE CINE #28] MADEMOISELLE

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En 1930, alors que la Corée est occupée par les Japonais, une jeune femme est engagée comme servante d’une riche Nipponne vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais la petite bonne a un secret. Avec la complicité d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils veulent mettre à exécution un plan diabolique…

Eloge de la beauté, le dernier film du coréen Park Chan Wook, Mademoiselle, nous embarque dans la Corée des années 30). Un thriller érotique adapté du roman de la britannique “Fingersmith” de la Britannique, Sarah Waters. Le film présenté au dernier festival de Cannes a fait sensation, et pour cause. Il emmène le spectateur dans un univers magnifié où la femme est le personnage central de l’histoire. Car Mademoiselle c’est avant tout une histoire d’affranchissement de la condition féminine. Le film dresse avec passion le portrait de deux héroïnes qui vont s’aimer dans une époque où l’homosexualité était considéré comme un crime. Les moeurs de l’époque sont parfaitement dépeintes, à tel point que l’on ressent le malaise qui règne.

Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans cette histoire passionnante. Le réalisateur arrive à captiver et à maintenir le rythme grâce à une bande originale sublime et l’alternance du présent et du passé. S’agit-il d’un rêve ou de la réalité ? Difficile à dire car le film joue parfaitement sur cet ambiguïté. Aspect qui est accentué par de nombreux rebondissements. Le cinéaste piège le spectateur, le manipulant de la même manière que ses personnages, sont régulièrement trompés. Et on en redemande. Park Chan Wook joue avec les détails anodins, fait des révélations qui subjuguent l’intérêt du public. Une intrigue complexe démêlée par un casting (brillant). La direction des acteurs est précise. La jeune Kim Tae-Ri qui interprète la servante Sookee, est impressionnante de justesse dans ses expressions faciales. Elle illumine le film de par son charme naturel, là où Kim Min-Hee (Hideko) déploie plus de sophistication. A Cannes, Mademoiselle n’a peut être pas reçu la Palme d’Or, mais la Palme du coeur, assurément.

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