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[CRITIQUE CINE #7] LOST RIVER

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Alors que beaucoup d’acteurs ont déjà tenté leur chance derrière la caméra, c’est au tour de Ryan Gosling de céder à la tentation. Pour Lost River, son premier long métrage l’acteur endosse la double casquette de scénariste et réalisateur. Si son passage à Cannes n’a pas vraiment convaincu, le film sort dans une version légèrement modifiée. Avec Lost River, Ryan Gosling nous livre un long métrage à la limite du cinéma fantastique avec des inspirations venant tout droit du cinéma de Lynch.

Synopsis : Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

Dès les premières images du film, le décor est planté. En quelques scènes, filmées dans les environs de Detroit, l’apprenti réalisateur y pose son décor. Celui d’une Amérique en faillite, asphyxiée par la dette, peuplée de maisons désertées par leurs habitants. C’est ici que survit Billy, une mère célibataire, et ses deux fils, dont Bones, un ado responsable amoureux de la voisine. Une vraie atmosphère se dégage. Une atmosphère glauque, oppressante parfois même cauchemardesque. Entre David Lynch et Nicolas Winding Refn, Lost River développe un univers féérique, à la noirceur édifiante, captant magnifiquement cette Amérique d’après crise, transformée ici en ruines post-apocalyptiques.

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Choc esthétique

Lost River est avant tout un choc esthétique. La beauté des images, la mise en scène prime sur le scénario qui est plutôt bateau. Ce qui fait de Lost River un film original, c’est la manière dont le cinéaste a su marier une histoire classique à un univers fantastique. Il a préféré mettre en avant la ville et ses habitants, comme s’ils représentaient un univers totalement à part entière à l’écart du monde que l’on connait. Tous les personnages tentent de survivre dans un monde qui semble les avoir oublier. La BO du film vient sublimer la beauté des images et renforce le côté poétique.

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Christina Hendricks

Casting sur-mesure

Parlons du casting qui semble fait sur mesure pour ce film. La sublime Christina Hendricks qui  nous dévoile une autre facette de son jeu d’actrice, à l’opposé de celui dans la série Mad Men. Ce rôle de mère courage n’est pas sans rappeler celui de Anne Dorval dans Mommy, le dernier film de Xavier Dolan. Iain De Caestecker est juste dans son rôle de fils aîné qui cherche à percer le mystère de cette ville fantôme tout en voulant s’échapper. Matt Smith est une véritable révélation ! Il a réussi à faire oublier son rôle dans la série Doctor Who qui lui a valu une consécration mondiale. Mon coup de coeur Ben Mendelsohn (que j’ai adoré dans Bloodline) est flippant en pervers psychopathe. Reda Kateb, la french touch du film qui interprète un chauffeur de taxi est comme d’habitude impeccable. Ryan Gosling a déclaré à son sujet : « Si Lost River est un conte de fée, Reda Kateb en est le prince charmant ».

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Reda Kateb

Un premier film maladroit

Le film a tout des défauts d’une première réalisation. Avec Lost River, Ryan Gosling a mis la barre très haut. Mais à vouloir faire de ce film un film pas comme les autres, Ryan Gosling s’est perdu. Trop brouillon, l’abondance d’idées, aussi bonnes soient-elles, finit par créer une œuvre fourre-tout, où l’histoire patine plus qu’elle n’avance.

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Eva Mendes

Avec ce premier film, Ryan Gosling signe une oeuvre peu conventionnelle, à l’opposé des grandes productions hollywoodiennes qui l’ont fait connaître en tant qu’acteur. L’espace d’un instant le temps s’arrête pour laisser place à ce récit fantastique qui oscille entre conte de fée et film d’horreur. Si certains acteurs passent derrière la caméra sans véritable inspiration, Ryan Gosling, lui, avait bien quelque chose à nous raconter. Ses obsessions érotiques et perverses ont donné naissance à un film de genre malsain, à la beauté aussi effrayante qui réussit pleinement à s’imprégner des références cinématographiques auxquelles il aspire. La plus grande crainte de Ryan Gosling est que l’on oublie le film aussitôt vu. Qu’il se rassure Lost River n’est pas un film que l’on oublie mais une oeuvre qui marque les esprits.

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